LA PLAINE DE SORQUE

LES VILLAGE DEFIGURE

Depuis les années 50, les carrières et sablières se sont multipliées le long du Loing, et l’environnement de Montigny a été fortement menacé par l’ouverture de ces sablières .

L’exploitation du gravier a marqué durablement l’environnement. Le premier lieu montignon exploité a laissé son nom à l’espace séparant Sorques de Moret : la Gravine

Sur les centaines d’hectares boisés autour du château de Sorques où rois et empereurs chassaient lors de leur séjour à Fontainebleau, se sont étendues d’immenses carrières d’extraction de sable et de pierres exploitées jusqu’en 1976.

Les nuisances causées par l’exploitation de ces carrières de sable et de pierre étaient nombreuses. Les paysages étaient défigurés par des excavations à ciel ouvert et la disparition de la végétation.

Les engins industriels comme les stations de criblage et concassage fonctionnaient la nuit, ainsi que les convoyeurs qui alimentaient les camions circulant du matin au soir…

La poussière générée et les déchets liés à la production pollue l’environnement.

En ce qui concerne Montigny, un décret de 1959 publié par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières autorisait à exploiter 35 ha sur 1 km de long sur la rive droite du Loing.

Seule était préservée une bande en direction de Marlotte pour protéger les captages d’eau. Plusieurs sociétés se partageaient le secteur. Les prés de la Trentaine y étaient notés prioritaires et une partie était déjà exploitée.

Un documentaire télévisé conservé par l’Institut National de l’Audiovisuel,

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf93027979/montigny-sur-loing , avec un reportage intitulé la « France défigurée » décrit la menace que fait peser sur le village cette activité d’extraction . Le reportage est également visible sur le site internet de l’association ASME.

Le maire de Montigny sur Loing, monsieur Brunet , fait honneur à son mandat, en défendant l’intérêt des habitants de Montigny ( Sorques ) et en s’opposant fermement aux nuisances conséquentes du projet de chantier défendu par le carrier Monsieur Guignon .

Le dialogue musclé et les arguments auxquels on assiste dans ce documentaire sont très représentatifs des enjeux existant déjà, à l’époque, dans une opposition entre les grands intérêts privés et ceux des habitants. Le maire est déterminé à résister au carrier. Il rappelle des nuisances importantes : 7 ou 8 camions roulant jour et nuit sur la D40, plus un projet de tapis roulant. En effet le carrier a le projet d’utiliser pour transporter au-dessus du Loing et du chemin départemental 58, les graviers et le sable et ce au milieu de la zone résidentielle qui fait le charme du village ».

Le village a eu la chance d’être préservé grâce à la ténacité obstinée de son maire, Monsieur Brunet et son conseil municipal. Il a été soutenu par les Montignons et une association pluri communale militant plusieurs années pour obtenir les classements de la vallée, et d’abord de notre commune en 1973.

ESPACE NATUREL SENSIBLE

La Plaine de Sorques, qui revient de loin, est aujourd’hui un espace naturel remarquable, « Espace Naturel Sensible », composé d’étangs, de marais, de prairies et de bois.

Le parking d’accueil se situe à quelques centaines de mètres du croisement de RD 104 et la RD 148, en direction de Moret sur Loing.

Heureusement, avec un sol autrefois mis à nu par les extractions, le milieu s’est enrichi au fil des décennies. Le site accueille, sur 129 hectares de marais d’étangs et de friches, une faune et une flore d’une grande variété. Un tiers de l’espace est en eau.

Dans les années 1990, une prise de conscience de l’intérêt patrimonial du site s’opère.

Un arrêté de biotope est pris en 1993.

En 1994 le Département achète le site avec l’aide de l’Agence de l’eau Seine Normandie. Depuis, la surveillance et l’entretien sont assurés en collaboration avec les communes de Montigny-sur-Loing et Moret Loing-et-Orvanne.

Le Département s’attachera, dès lors, à concilier ouverture au public et préservation des espèces et des milieux.

Le site est classé par un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB), puis par le réseau européen Natura 2000 au sein des sites « Massif de Fontainebleau » et « Basse Vallée du Loing ».

Le site doit faire l’objet d’une gestion régulière, sinon la belle prairie de fauche se transformera en une zone impénétrable de broussailles , des arbres prendront le dessus, formant un boisement continu ; les zones humides seront comblées et disparaîtront.

La gestion de l’ENS s’est donc adaptée au maintien de la diversité actuelle.

Par exemple un équipement particulier a été installé le long de la Plaine de Sorques : un crapauduc permettant de préserver une importante population de batraciens. Crapauds communs, grenouilles agiles, grenouilles vertes, tritons palmés et ritons ponctués, … avaient été recensés.

Des palissades en bois guident les amphibiens vers quatre buses placées sous la route, leur permettant désormais de rejoindre leur lieu de ponte à l’abri des voitures.

BIODIVERSITE

À l’échelle de la région, la biodiversité de l’ENS de la plaine de Sorques est prestigieuse.

Le dernier inventaire a permis de recenser 345 espèces végétales vasculaires*.

Ce chiffre important s’explique notamment par la diversité des milieux et la forte proportion

de milieux aquatiques, qui occupent un tiers de la surface totale.

La faune est également très présente :

Les mammifères comptent une dizaine d’espèces de chauves-souris, la fouine, la martre, le renard, le lapin de Garenne, l’écureuil roux et de grands ongulés (cerf élaphe, chevreuil et sanglier).

Au printemps et en été, les insectes abondent. Ont été identifiés des libellules, papillons,

d’orthoptères, coléoptères pour 300 espèces différentes.

Les orchidées sauvages appréciant l’ombre des grands arbres, n’y sont pas rares.

Le Département a produit un document très complet qui décrit la faune et la flore, les interactions entre les espèces. Il mérite qu’on prenne le temps d’en extraire tous les enseignements. On retrouve ce document sur le site :

https://www.seine-et-marne.fr/sites/default/files/media/downloads/deea-24-ens-04-la-plaine-de-sorques-web.pdf

Il faudra ensuite beaucoup de patience, d’attention, d’observation, voire de goût pour les clichés, pour s’approprier ce riche inventaire.

LES OISEAUX

Des petits : Hypolaïs polyglotte, Rousserolle verderolle, Rossignol philomène, Pie- grièche Écorcheur, etc. y construisent leurs nids :

Dans l’eau : Les migrateurs ou sédentaires animent les plans d’eau au fil des saisons et peuvent être discrètement observés depuis les affûts. Plutôt de bonne heure le matin ou au coucher du soleil, les chanceux pourront ainsi assister, sur l’étang principal, au spectacle ravissant de l’évolution de grands d’oiseaux en liberté.

Aujourd’hui, le site de la plaine de Sorques est parfois victime de son succès, et il vaut mieux choisir des plages horaires où les affûts ne sont pas bondés.

Pour photographier les oiseaux lointains, on y reconnaît les habitués, équipés de zoom impressionants. Il est certain que cela aide à saisir les précieux instants où ces oiseaux veulent bien se montrer.

Car un cliché pris sans un bon outillage donne surtout envie de revenir mieux équipé.

RANDONNEE

Seine et Marne Environnement propose, pour découvrir largement « La plaine de Sorques », un circuit de randonnée très accessible.

Si on se sent d’attaque, le trajet mesure 5 kilomètres, voire plus, si on retourne à pied au village.

On peut accéder aux différents milieux naturels décrit dans les ouvrages du département concernant l’Espace Naturel Sensible :

  • Plans d’eau : Ils hébergent des oiseaux, mais aussi des libellules, des grenouilles et autres amphibiens …
  • Le Loing : En longeant la rivière, on se trouve bien entendu en milieu humide, et il est possible de faire la chasse aux images des insectes, des papillons. On trouve également de nombreuses plantes dont certaines vivent immergées dans l’eau, Nénuphars jaunes, Potamots à feuilles crépues, Sur la partie des berges atteintes par l’humidité de la rivière, se développent l’ortie et son parasite, la grande cuscute, espèce protégée en Île-de-France.

Il est conseillé de s’équiper d’un objectif macro pour mémoriser de belles découvertes.

  • La forêt de Fontainebleau , pour une courte section, mais significative.
  • Quasiment toutes les espèces de reptiles d’Ile-de-France sont présentes en abondance sur le site, mais en principe, dans les chemins, on ne les croise pas.

SOURCES